4 questions importantes à se poser avant de faire son Aliyah en Israël
L’Aliyah de France vers Israël n’est souvent pas un nouveau départ financier à partir de zéro. De nombreux nouveaux immigrants arrivent avec un appartement conservé en France, un compte bancaire actif, un portefeuille d’investissements, une activité existante ou un travail qui se poursuit après le déménagement. Dans une telle situation, il est important de connaître la loi afin de comprendre quels avantages s’appliquent à quels types de revenus, et sous quelles conditions.
En plus des avantages bien connus accordés aux nouveaux immigrants concernant les revenus provenant de l’étranger, une nouvelle législation a été adoptée en Israël en 2026. Elle peut, dans certains cas, accorder une exonération fiscale également sur des revenus actifs produits en Israël. Pour les immigrants venus de France, qui ont parfois plusieurs sources de revenus en parallèle et des liens économiques avec les deux pays, il s’agit d’un sujet qu’il est préférable d’examiner à l’avance, plutôt qu’après coup.
Question 1 : Tout nouvel immigrant venu de France a-t-il automatiquement droit à des avantages fiscaux ?
Non. Le fait de faire son Aliyah en Israël ne suffit pas en soi, et le certificat de nouvel immigrant ne règle pas la question. La question centrale est de savoir à quel moment la personne est devenue résidente israélienne à des fins fiscales. Cet examen se fait selon les critères habituels de résidence fiscale, principalement le critère du centre de vie.
Cette question est particulièrement importante lorsque le déménagement se fait progressivement. Dans certaines familles, l’un des conjoints arrive en premier. Dans d’autres cas, les enfants commencent leur scolarité en Israël, mais l’appartement en France n’a pas encore été vendu, ou l’activité professionnelle en France se poursuit pendant une période supplémentaire. Il existe aussi des situations dans lesquelles le déménagement en Israël a bien lieu en pratique, mais une partie de l’activité économique reste en dehors d’Israël. Dans chacune de ces situations, la question de la résidence fiscale peut être moins simple qu’elle ne le paraît au départ.
En outre, la nouvelle loi prévoit également des conditions formelles. Pour un nouvel immigrant, par exemple, un visa de nouvel immigrant, un certificat de nouvel immigrant ou l’éligibilité au panier d’intégration sont généralement requis. Toutefois, même lorsque ces documents existent, il faut encore examiner ce qui s’est réellement passé autour du déménagement. Toute personne souhaitant s’appuyer sur les avantages fiscaux doit s’assurer que la situation factuelle et la situation juridique sont cohérentes.
Question 2 : Les avantages s’appliquent-ils aussi au salaire, ou uniquement aux actifs en France ?
Pendant des années, l’un des principaux avantages accordés aux nouveaux immigrants a été l’exonération fiscale en Israël sur les revenus produits en dehors d’Israël, généralement pour une période de dix ans. Pour les immigrants venus de France qui détiennent des actifs, des investissements ou des sources de revenus en dehors d’Israël, cet avantage reste très important.
Parallèlement, un nouveau dispositif a été introduit en 2026. Selon la nouvelle loi, les nouveaux immigrants et les résidents de retour de longue durée qui sont devenus résidents israéliens entre le 5 novembre 2025 et le 31 décembre 2026 peuvent, sous certaines conditions, bénéficier d’une exonération fiscale en Israël sur des revenus éligibles produits en Israël. Il s’agit principalement de revenus provenant d’un travail personnel au sens des articles 2(1) et 2(2) de l’Ordonnance de l’impôt sur le revenu [nouvelle version], c’est-à-dire un salaire, un revenu d’activité commerciale ou un revenu professionnel indépendant. Il s’agit d’un ajout très important pour celles et ceux qui prévoient de commencer à travailler en Israël, ou de continuer à générer un revenu actif après leur Aliyah.
En revanche, tous les types de revenus n’entrent pas dans ce dispositif. Les revenus passifs, tels que les intérêts, les dividendes, les loyers et les plus-values, ne sont généralement pas inclus dans la nouvelle exonération applicable aux revenus actifs en Israël. Par conséquent, lorsqu’une même famille perçoit à la fois un salaire en Israël et détient un appartement en France ou un portefeuille d’investissements, des règles différentes peuvent s’appliquer à chaque élément.
Question 3 : Que se passe-t-il si je conserve un appartement, des investissements ou un compte bancaire en France ?
C’est l’une des questions les plus fréquentes chez les immigrants venus de France, et à juste titre. Dans de nombreux cas, le déménagement en Israël ne s’accompagne pas d’une fermeture complète de tout ce qui reste en France. Certaines personnes conservent un appartement loué. D’autres gardent un portefeuille d’investissements, un compte bancaire, des droits dans une société ou des revenus réguliers provenant d’une source étrangère.
Le fait de conserver des actifs ou des comptes en France ne remet pas, en soi, en cause les avantages en Israël. Toutefois, cela exige un examen précis de la structure des revenus et du mode de détention des actifs. Un revenu locatif ne s’analyse pas comme un salaire. Une plus-value ne s’analyse pas comme un revenu professionnel indépendant. Une activité exercée par l’intermédiaire d’une société étrangère ne s’analyse pas comme une activité exercée directement par une personne physique.
On peut l’illustrer par un exemple simple. Supposons qu’une famille fasse son Aliyah de France vers Israël au cours de l’année 2026. L’un des conjoints commence à travailler en Israël avec un salaire annuel de ₪560,000, tandis que la famille conserve la propriété d’un appartement à Paris générant des loyers mensuels. Le revenu d’emploi en Israël peut, sous réserve des circonstances et des conditions prévues par la loi, entrer dans le nouveau dispositif d’avantage fiscal. Le revenu locatif provenant de l’appartement à Paris nécessite un examen séparé. Il s’agit de deux types de revenus différents, même s’ils appartiennent au même foyer familial.
Pour de nombreuses familles, la situation est encore plus complexe. À côté d’un appartement en France, il peut également y avoir un portefeuille d’investissements. À côté d’un salaire en Israël, il peut aussi exister une activité de conseil auprès de clients situés en dehors d’Israël. À côté d’un compte bancaire, il peut aussi y avoir une participation dans une société. Dans ces cas, il est vivement recommandé de consulter un expert qui connaît non seulement la fiscalité israélienne, mais aussi la fiscalité française.
Question 4 : Le moment de l’Aliyah en Israël influence-t-il l’éligibilité à l’avantage fiscal ?
Oui. Les personnes devenues résidentes israéliennes entre le 5 novembre 2025 et le 31 décembre 2026 peuvent, si elles remplissent les autres conditions, entrer dans le nouveau dispositif d’exonération applicable à certains revenus actifs en Israël. Les personnes qui se trouvent en dehors de cette période peuvent rester exclues de l’avantage, même si leur situation est très similaire.
Le montant du revenu compte également. À la date de rédaction, le plafond pour 2026 est de ₪600,000. En 2027 et 2028, le plafond passe à ₪1,000,000 par an. En 2029, il diminue à ₪350,000, puis à ₪150,000 en 2030. Lorsque le revenu est reçu d’une personne liée, des plafonds plus bas ont été fixés : ₪140,000 pour les années 2026 à 2029, et ₪150,000 en 2030.
Année fiscale | Plafond de revenu éligible | Plafond pour un revenu reçu d’une personne liée |
2026 | ₪600,000 | ₪140,000 |
2027 | ₪1,000,000 | ₪140,000 |
2028 | ₪1,000,000 | ₪140,000 |
2029 | ₪350,000 | ₪140,000 |
2030 | ₪150,000 | ₪150,000 |
Pour 2026, une règle supplémentaire s’applique également : le plafond est examiné proportionnellement à la période de résidence en Israël au cours de cette année. Par conséquent, une personne devenue résidente israélienne seulement pendant une partie de l’année ne bénéficiera pas nécessairement automatiquement de l’intégralité du plafond de ₪600,000.
Ce détail peut avoir une réelle importance. Les personnes qui hésitent à faire leur Aliyah en été, à l’automne ou vers la fin de l’année ne prennent pas seulement en compte des considérations familiales, éducatives ou professionnelles. Parfois, le calendrier lui-même peut avoir une incidence directe sur l’étendue de l’avantage fiscal.
Nimrod Yaron & Co. est spécialisé en fiscalité israélienne et internationale. Notre équipe est composée de professionnels ayant plusieurs années d’expérience au sein de l’Autorité fiscale israélienne, ainsi que d’une expérience acquise dans des cabinets de premier plan et des cabinets d’avocats. Elle apporte une approche combinant perspectives juridique et économique. Nous accompagnons des sociétés privées et publiques, israéliennes et étrangères, des fonds mondiaux de capital-risque, ainsi que des clients recherchant un conseil ciblé dans un langage clair et accessible. Nous travaillons également avec un réseau professionnel de cabinets d’expertise comptable et de cabinets d’avocats dans le monde entier, afin d’offrir un accompagnement complet dans les situations transfrontalières.
Si vous envisagez de faire votre Aliyah de France vers Israël, ou si vous avez déjà commencé le processus et souhaitez comprendre quels avantages pourraient vous concerner, il est recommandé de procéder à un examen structuré avant de prendre des décisions contraignantes. Un examen préalable de la date de résidence fiscale, de la structure des revenus, des actifs conservés en France et de l’exposition potentielle en Israël peut permettre d’éviter des erreurs et de mettre en place une planification fiscale plus précise. Nous vous invitons à nous contacter pour une consultation ciblée afin d’examiner votre éligibilité, d’identifier les expositions possibles et de planifier votre situation fiscale avant l’Aliyah, pendant le processus ou immédiatement après.
Questions fréquentes
Tout nouvel immigrant venu de France a-t-il droit à la nouvelle exonération ?
Non. L’éligibilité dépend de la date de résidence fiscale en Israël, du type de revenu, des conditions prévues par la loi et des circonstances personnelles de chaque cas.
Un salaire en Israël peut-il entrer dans le cadre de l’avantage fiscal ?
Oui, dans les cas appropriés. La nouvelle loi peut également s’appliquer à des revenus actifs en Israël, sous réserve des plafonds et des conditions d’éligibilité.
Quel est le plafond de l’avantage fiscal en 2026 ?
À la date de rédaction, le plafond pour 2026 est de ₪600,000, et il est examiné proportionnellement à la période de résidence au cours de cette année.
Un appartement ou des investissements en France remettent-ils en cause l’avantage fiscal ?
Pas nécessairement. Toutefois, ils nécessitent un examen séparé du type de revenu, du mode de détention, de la question de la résidence fiscale et des obligations déclaratives.



