De nombreux citoyens français vivant en Israël détiennent encore des comptes bancaires en France, des biens immobiliers locatifs, des contrats d’assurance-vie, des portefeuilles d’investissement, des héritages ou des structures familiales. Avec le renforcement de la transparence internationale, la procédure de divulgation volontaire peut permettre de régulariser des manquements déclaratifs passés avant le début d’un contrôle.
Pour de nombreux citoyens français qui ont choisi de faire d’Israël leur foyer, la vie se déroule sur une ligne délicate entre deux pays. Israël est devenu le centre de vie : travail, famille, enfants servant dans Tsahal ou étudiant à l’université. La France, quant à elle, reste souvent en arrière-plan – avec un ancien compte bancaire, peut-être un bien immobilier locatif, un portefeuille d’investissement, un héritage ou une structure familiale mise en place il y a plusieurs années.
La plupart du temps, cet écart se fait à peine sentir. Mais ces dernières années, en grande partie loin de l’attention du public, les règles du jeu ont changé. Pas du jour au lendemain, ni à la suite d’un grand titre spectaculaire, mais par une série de mesures réglementaires progressives. Et en matière fiscale, de petites étapes peuvent entraîner des conséquences importantes.
Une époque où les autorités ne « découvrent » plus les informations par hasard
Le système financier mondial a connu une révolution silencieuse. Les mécanismes d’échange automatique de renseignements entre pays – notamment la Norme commune de déclaration (NCD) et d’autres cadres internationaux – ont rendu l’opacité financière de moins en moins réaliste. Les informations relatives aux comptes bancaires, aux investissements et aux actifs circulent désormais entre les pays, même sans démarche active de la part du contribuable.
En outre, ces dernières années, l’Autorité fiscale israélienne a considérablement renforcé sa capacité à croiser les informations provenant également de sources locales – notamment les données du registre foncier, l’activité bancaire et les liens économiques développés au fil du temps. Le résultat pratique est clair : des écarts qui passaient autrefois inaperçus sont aujourd’hui beaucoup plus visibles.
Qu’est-ce que la procédure de divulgation volontaire – et pourquoi existe-t-elle ?
La procédure israélienne de divulgation volontaire est un cadre permettant aux contribuables de déclarer de manière proactive des revenus et des actifs qui n’ont pas été correctement déclarés par le passé.
Le principe est simple : un contribuable qui s’adresse aux autorités avant que celles-ci ne s’adressent à lui, fournit une divulgation complète et sincère, et paie l’impôt applicable, peut bénéficier d’une immunité pénale au titre d’infractions fiscales passées.
Il s’agit d’un outil juridique conçu pour répondre à une réalité complexe, dans laquelle des particuliers ont agi pendant des années entre différents pays, systèmes fiscaux et cultures juridiques, sans toujours comprendre pleinement ce que le droit israélien exigeait d’eux à l’époque. Il existe toutefois une limite essentielle : une fois qu’un contrôle fiscal a commencé, ou lorsque l’Autorité fiscale israélienne dispose déjà d’informations concrètes concernant le contribuable, l’accès à la divulgation volontaire peut se refermer.
Pourquoi ce sujet concerne-t-il particulièrement les nouveaux immigrants ?
Les nouveaux immigrants bénéficient d’un avantage fiscal israélien important : une exonération de dix ans de déclaration et de paiement de l’impôt israélien sur les revenus de source étrangère. Il s’agit d’un avantage large, mais qui crée souvent de la confusion.
De nombreux nouveaux immigrants interprètent cette exonération comme une protection absolue pour tout revenu ayant un lien avec l’étranger. En pratique, la situation est plus nuancée. Les revenus de source israélienne restent entièrement déclarables et imposables, même pendant la période d’exonération ; les sociétés étrangères effectivement dirigées et contrôlées depuis Israël peuvent être soumises à des obligations fiscales et déclaratives en Israël ; et les fiducies, héritages, sociétés familiales et structures familiales transfrontalières peuvent entraîner des obligations déclaratives, même pendant les années d’exonération.
Le véritable problème apparaît souvent seulement avec le recul. À la fin de la période de dix ans, de nombreux immigrants découvrent qu’aucun examen complet n’a jamais été effectué pour les années précédentes. Cela crée un écart difficile à régulariser sans démarche proactive de divulgation.
Mais pas seulement les nouveaux immigrants – les résidents de longue date doivent également être attentifs
Une idée reçue consiste à penser que la divulgation volontaire ne concerne que les nouveaux immigrants, en particulier après la fin de leur période d’exonération. En pratique, une part importante des demandes provient de citoyens français vivant en Israël depuis des décennies.
Il s’agit de personnes qui ignoraient que les revenus locatifs d’un bien situé en France devaient être déclarés en Israël, qui ont laissé des comptes bancaires français, des comptes d’investissement ou des contrats d’assurance-vie fonctionner « en automatique », ou qui sont liées à des actifs familiaux en France, à des héritages, à des sociétés familiales ou à des structures transfrontalières – sans réaliser que cette situation pouvait avoir des implications fiscales en Israël.
Dans la plupart des cas, il ne s’agit pas d’une évasion fiscale délibérée. Il s’agit d’un manque de connaissance – entre ce qui est habituel dans la pratique fiscale et bancaire française et ce que le droit israélien exige.
Fiducies et héritages
Pour de nombreuses familles françaises, la planification intergénérationnelle comprend souvent des héritages, des donations, des sociétés familiales ou des structures d’assurance-vie.
En Israël, en revanche, les structures patrimoniales familiales transfrontalières – y compris les fiducies, le cas échéant – font partie des domaines les plus complexes et les plus sensibles du droit fiscal.
Un lien avec une fiducie étrangère ou une structure familiale transfrontalière, même sans réception effective de distributions, peut entraîner des obligations déclaratives en Israël. Lorsque ces déclarations n’ont pas été faites pendant des années, souvent par manque de connaissance, une exposition juridique et fiscale réelle peut apparaître.
Lorsque le sujet arrive jusqu’à la banque
Ce qui semblait autrefois théorique est devenu très concret. Les banques israéliennes agissent désormais comme des gardiens stricts et exigent une documentation claire concernant l’origine des fonds, ainsi qu’une confirmation que les impôts applicables ont été correctement payés. Sans processus ordonné de régularisation fiscale, les fonds provenant d’héritages, de structures familiales, de fiducies ou de comptes à l’étranger peuvent être bloqués lors de leur transfert vers Israël, retarder des transactions ou, dans certains cas, conduire même au gel de l’activité bancaire.
L’importance d’un accompagnement professionnel
L’une des caractéristiques clés de la procédure de divulgation volontaire est qu’elle ne peut être utilisée qu’une seule fois au cours de la vie. Il n’y a pas de place pour l’erreur : une divulgation partielle, une présentation factuelle inexacte ou l’absence de collecte des documents requis peuvent fermer définitivement l’accès à la procédure.
Au-delà des risques procéduraux, la manière dont la divulgation est structurée et présentée peut avoir un impact important sur le résultat fiscal global. Certaines qualifications factuelles, positions juridiques et arguments fondés sur les conventions fiscales peuvent réduire de manière significative l’impôt établi, tandis qu’une présentation non structurée ou trop simplifiée peut conduire à un résultat nettement moins favorable.
Dans ce type de dossier, l’expérience pratique est essentielle. Nous faisons partie des cabinets de référence en Israël dans le domaine des procédures de divulgation volontaire. Nous conseillons nos clients dans des dossiers complexes portant sur des actifs, revenus et structures internationaux, avec une compréhension approfondie du fonctionnement de l’Autorité fiscale israélienne, du système bancaire et des sensibilités propres aux dossiers transfrontaliers.
En outre, dans les dossiers liés à la France, le processus israélien peut devoir être coordonné avec les déclarations fiscales françaises, la documentation bancaire française et les conseillers locaux. La gestion conjointe des aspects israéliens et français permet une approche synchronisée et optimisée, et réduit de manière significative le risque d’exposition involontaire.
En conclusion, que vous soyez un nouvel immigrant approchant de la fin de votre période d’exonération ou un citoyen français vivant en Israël depuis de nombreuses années, si vous détenez des actifs, des comptes, des structures familiales, des fiducies, des héritages ou des revenus en dehors d’Israël, un examen proactif et une régularisation peuvent faire la différence entre une certitude à long terme et des complications inutiles.
Pour beaucoup de personnes, la procédure de divulgation volontaire n’a pas pour objectif une planification fiscale sophistiquée. Elle vise à combler des écarts historiques, à lever l’incertitude et à poursuivre sa vie en Israël sans questions en suspens.
Pour rappel : l’ordonnance temporaire relative à la divulgation volontaire prend fin le 31.08.2026, et le mois d’août 2026 est le dernier mois pour déposer une demande.
Nimrod Yaron & Co. est spécialisé en fiscalité israélienne et internationale. Notre équipe est composée de professionnels disposant de nombreuses années d’expérience au sein de l’Autorité fiscale israélienne, ainsi que d’une expérience acquise dans des cabinets et bureaux d’avocats de premier plan. Elle réunit ainsi des perspectives à la fois juridiques et économiques. Nous conseillons des sociétés privées et publiques, des sociétés israéliennes et étrangères, des fonds mondiaux de capital-risque, ainsi que des clients recherchant des conseils ciblés, clairs et pratiques. Nous travaillons également avec un réseau professionnel de cabinets comptables et de bureaux d’avocats dans le monde entier, ce qui nous permet d’offrir un accompagnement complet dans les dossiers transfrontaliers.
Si vous avez un lien avec la France – compte bancaire, bien immobilier, héritage, contrat d’assurance-vie, fiducie, société familiale ou revenus qui n’ont pas été correctement examinés en Israël – c’est le moment de procéder à un examen discret et précis de l’exposition potentielle et des options de régularisation disponibles. Dans les cas appropriés, un examen précoce et une bonne gestion du processus peuvent réduire l’exposition, éviter les erreurs et aider à obtenir un résultat optimal.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la procédure de divulgation volontaire ?
Il s’agit d’une procédure qui permet à un contribuable de déclarer de manière proactive des revenus ou des actifs non déclarés par le passé, de payer l’impôt requis et, dans les cas appropriés, de bénéficier d’une immunité pénale.
Qui devrait envisager de recourir à cette procédure ?
Toute personne qui détient des actifs, revenus, comptes, héritages ou structures juridiques en dehors d’Israël, et qui craint de ne pas avoir pleinement respecté ses obligations déclaratives en Israël.
Les nouveaux immigrants peuvent-ils également avoir besoin d’un examen ?
Oui. Malgré les avantages fiscaux accordés aux nouveaux immigrants, certaines situations peuvent tout de même comporter des obligations déclaratives ou des implications fiscales, en particulier en présence de structures complexes ou de revenus liés à Israël.
Que se passe-t-il si l’Autorité fiscale israélienne m’a déjà contacté ?
En général, si un contrôle a déjà commencé ou si l’Autorité fiscale israélienne dispose d’informations concrètes vous concernant, la possibilité de déposer une divulgation volontaire peut être bloquée ou devenir beaucoup plus complexe.
Pourquoi l’accompagnement professionnel est-il important ?
Parce que la présentation des faits, la collecte des documents, la coordination internationale et la gestion du processus avec l’Autorité fiscale israélienne et les banques peuvent avoir une incidence importante sur le risque, le déroulement de la procédure et le résultat fiscal.



